Les grands artistes éprouvent un besoin constant de renouveler leur art. Et de viser la perfection. 

   C'est ce qui est arrivé à Juliano Rizzoni. Jeune peintre dont la cote atteint des sommets pharaoniques. Il est parti pendant deux ans se former au Japon à l'irezumi. Une technique ancestrale du tatouage. Auprès d'un des maîtres de la spécialité, dans un village retiré du monde, sur l'île d'Hokkaido. 

   A la fin de son apprentissage, il est revenu chez lui à Los Angeles. Et a entrepris de mettre son nouveau savoir en pratique. Il a tatoué le dos de dix personnes de son proche entourage. Des fresques exceptionnelles qui ont fait l'admiration des connaisseurs. 

   Mais quelques années plus tard, l'histoire prend une drôle de tournure. Un commanditaire anonyme a déposé les dix peaux tatouées chez Sotheby's à Paris. Pour une vente aux enchères qui s'annonce historique. Les tatoués ont accepté qu'on prélève leurs tatouages en échange d'une greffe de peau et d'une substantielle somme d'argent. 

   Les peaux ont été découpées par un spécialiste puis tannées et conservées par un professionnel de l'exercice. Encadrées, elles ressemblent désormais à des oeuvres d'art classiques. Quant aux modèles, ils sont traités et soignés dans une clinique en Serbie pour la reconstruction de leurs dos. 

   Bien que considérée comme immorale, la vente est jugée légale. Et le jour j, trois richissimes collectionneurs se partagent le gâteau. Pour une somme record avoisinant les 120 millions de dollars.

   Mais le commandant Stéphane Jourdain et la capitaine Lucie Bunevial de la police judiciaire de Paris en sont persuadés : cette affaire "pue la mort"

   Les faits vont malheureusement très vite leur donner raison. Car une dizaine de jours après le succès des enchères, les corps des dix américains tatoués sont retrouvés dans une décharge dans la petite ville serbe de Subotica. 

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